Au-delà du CV

Conversation au coin du feu avec Fred Manna autour du premier pas et de la rencontre
Fermer les yeux et écouter
00:00 / 00:00

Conversation au coin du feu

Nous nous sommes assis près du feu. Le silence a laissé place aux mots.

Au-delà du CV

– Sur ton site, on ne trouve ni ton CV, ni la liste de tes diplômes ou de tes formations. C’est un choix ?

Eh bien alors… merci de poser la question.

C’est vrai que, sur mon site, on ne trouve pas mon CV. On ne trouve pas non plus le détail de mes formations ou de mes diplômes.

Et oui, c’est un vrai choix.

C’est même un parti pris, pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, ce site a été pensé pour être une expérience pour le visiteur. C’est-à-dire qu’il y a un premier chemin qui se dessine, avec des choix, des questions, des propositions… et l’ensemble de ces choix amène progressivement à parcourir différentes pages, jusqu’à arriver aussi sur cette partie du site que j’appelle Le Feu Partagé, là où vous êtes justement en train de lire cette conversation.

Donc, puisque c’est un site qui est vraiment orienté vers l’expérience du visiteur, l’idée n’est surtout pas de ne pas lui donner les informations dont il a besoin.

Bien au contraire.

Mais c’est plutôt de recentrer les informations, de ne pas tout mettre partout et, surtout, de laisser une place à l’action.

Parce qu’en fait, ce site invite à l’action.

Au travers de chacune des questions, de chacune des propositions, il y a quelque chose qui invite à faire un choix, à aller voir plus loin, à ouvrir une autre porte.

Il y a un premier pas, puis un deuxième.

Et cela rejoint finalement assez profondément ma manière de concevoir l’accompagnement.

Je crois qu’une personne qui ressent le besoin d’un thérapeute, d’un soutien ou d’un accompagnement doit être, à mon sens en tout cas, dans une démarche volontaire.

Le rôle du thérapeute n’est pas de créer une relation de dépendance ou de codépendance avec la personne qu’il accompagne. Il est là pour apporter une aide, parfois ponctuelle, parfois sur un chemin un peu plus long, mais la personne reste actrice de ce qu’elle traverse.

Alors, dans cette démarche qui consiste à rendre les choses volontaires, si au travers du site il manque un élément, si une page fait naître une question, si quelqu’un a besoin de connaître ma formation, mon parcours ou simplement de comprendre davantage qui je suis et comment je travaille…

Eh bien, il peut prendre son téléphone.

Il peut m’écrire.

Il peut m’appeler.

Il peut aller chercher cet élément de réponse.

Et je crois que ce geste-là est déjà important.

Parce que chaque action qu’une personne va faire vers moi ou vers son « le thérapeute », est finalement aussi une action qu’elle fait vers elle-même.

Vers son propre processus.

Vers ce qu’elle cherche à comprendre, à traverser ou peut-être à guérir.

Cela ne veut évidemment pas dire que ces informations sont cachées.

Il y a d’ailleurs un autre point qui est important : lorsque l’on fait une recherche sur Google, on tombe sur différentes pages, différents annuaires professionnels, sur lesquels certains de ces éléments sont disponibles. On peut retrouver mes formations, mon parcours, certaines informations professionnelles sur Resalib, therapeutes.ch ou ailleurs.

Donc ce choix n’est pas une manière de dire : « Vous n’avez pas besoin de savoir. »

Pas du tout.

C’est plutôt une manière de dire : ces informations existent, elles sont disponibles, et si elles sont importantes pour vous, vous pouvez aussi venir me les demander directement.

Parce que je pense que la relation entre un thérapeute et son client est importante.

Et cette relation demande de la confiance.

Alors oui, la confiance n’exclut pas le contrôle. Bien sûr qu’une personne peut avoir besoin de vérifier qui elle a en face d’elle, de connaître son parcours, ses formations, ses diplômes. Et elle a raison de le faire si cela est important pour elle.

Mais, en réalité, je ne suis pas sûr que ce soient les diplômes, l’expérience professionnelle ou tout ce qui est écrit sur un CV qui permettent de créer cette relation de confiance, ou même l’envie, pour quelqu’un, de venir voir telle ou telle personne pour se faire accompagner.

Je pense profondément que c’est quelque chose de plus subtil.

De plus inconscient aussi.

Un espèce de sentiment intérieur, un élan qui dit : « Bah oui… celle-là peut me correspondre. »

Celle-là, sous-entendu cette personne, ce thérapeute.

Et s’il y a aujourd’hui beaucoup de thérapeutes, il y a aussi beaucoup de personnes qui cherchent à être accompagnées et, finalement, on ne peut pas correspondre à tout le monde.

Je crois que le CV est quelque chose de rassurant dans un monde où on… cataloguise (je ne sais pas si ce mot existe) mais où on met finalement sur catalogue l’ensemble des uns et des autres, où on regarde les formations, les expériences, les parcours, et puis on compare.

Mais je crois qu’avant tout, trouver le bon thérapeute, c’est peut-être oser se questionner sur son réel besoin personnel.

De quoi ai-je besoin ?

Qu’est-ce que j’ai envie de trouver ?

Et ensuite aller voir la façon dont cette personne répond.

Parce qu’autrement dit, avec des formations identiques, avec des CV qui se ressemblent, vous pouvez poser exactement la même question à dix thérapeutes et vous verrez que vous aurez dix réponses différentes, dix approches différentes, alors même qu’elles peuvent venir du même parcours ou du même cursus.

Et je crois que c’est là qu’il y a quelque chose d’important.

Parce qu’il existe aussi une école qui, à mon sens, n’est pas diplômante mais qui pèse énormément dans la manière dont un thérapeute va accompagner quelqu’un : c’est la façon dont le thérapeute lui-même est allé rencontrer, traverser, dépasser parfois ses propres processus de guérison, ses propres blessures, et ce qu’il a pu en tirer comme expérience.

Une expérience qui lui est propre.

Forcément singulière.

Parfois atypique.

Et qui lui permet, au-delà de ce qu’il a appris dans une formation ou dans un cursus, de répondre à certains points, d’entendre certaines choses ou d’accompagner certaines situations d’une manière qui lui appartient.

Et ça…

Ça ne tient pas vraiment sur un CV.

Je crois aussi qu’il est important que chacun puisse mesurer ce qu’il est prêt à apporter dans cette relation.

On parle souvent, dans beaucoup de relations, de ce que l’on va pouvoir prendre, de ce que l’autre va pouvoir nous apporter.

Ici, la démarche est peut-être davantage une question de donner.

Et cela vaut dans les deux sens.

Moi, en tant que thérapeute, je peux donner ces éléments, répondre aux questions, expliquer mon parcours, mes formations, ma façon de travailler, à partir du moment où on vient me poser ces questions.

Et la personne, de son côté, donne quelque chose aussi.

Elle donne de son intérêt pour elle-même.

Elle fait un geste.

Elle pose une question.

Elle entre en relation.

Et finalement, je crois que c’est aussi pour cela que, sur beaucoup de pages du site, et notamment à la fin des articles du Feu Partagé, il y a un bouton.

Vous pouvez lire un article qui décrit une technique, découvrir un objet d’accompagnement, lire simplement un partage ou une réflexion…

Et puis, à la fin, il y a cette possibilité.

Un bouton.

Une invitation à entrer en action et en interaction.

Parce qu’au fond, je crois que c’est cela que j’ai voulu créer avec ce site.

Pas un endroit où toutes les réponses seraient déposées devant vous pour que vous n’ayez plus rien à faire.

Mais un endroit qui vous donne suffisamment pour explorer, ressentir, comprendre…

Et qui laisse volontairement un espace pour que, si quelque chose vous appelle, vous puissiez faire le pas suivant.

 

…

Finalement, je crois que c’est cela que j’avais envie de partager en réponse à cette question.

Et aujourd’hui, c’est cela que j’avais envie de déposer autour de ce merveilleux feu.

Voilà.

À très bientôt.

Si vous souhaitez rester en lien avec les prochains Feux Partagés,
vous pouvez les recevoir ici.

Frédérick Manna
Le Feu Partagé

Ces mots poursuivent leur chemin. Merci d’en respecter la source.

© 2026 – Tous droits réservés.